En période hivernale, les problèmes de précarité énergétique se font plus criants pour les familles en difficulté. Grâce à la mobilisation des bénévoles et aux partenariats mis en place, le SPF les accompagne via des actions de médiation ou de prévention.

En France, on compte presque 6 millions de personnes en précarité énergétique
Crédit : Olivier Pasquiers

« Dès que le froid arrive, c’est le casse-tête qui recommence. On sait qu’il va falloir dormir tous dans la même pièce. J’ai acheté un radiateur à roulettes que je mets en route le soir quand les enfants rentrent de l’école. En journée, je me débrouille comme je peux, je vais dans des endroits chauffés, comme les galeries marchandes. Dans le salon il fait à peine 12 °, pour avoir chaud on dort ensemble », raconte Madame X,  44 ans mère de 5 enfants et au chômage. Selon l’Observatoire National de la Précarité Energétique en 2017, près de 6 millions de ménages en France seraient en situation de précarité énergétique, c’est-à dire  qu’ils éprouveraient des « difficultés particulières à disposer de la fourniture nécessaire à la satisfaction de leurs besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de leurs ressources ou de leur condition d’habitat *». Au Secours populaire 35 % des familles suivies et accompagnées par l’association dépensent 100 euros par mois pour leurs dépenses d’énergie et pour, presque 10 % d’entre elles c’est plus de 200 euros. Bien souvent les personnes accompagnées par le SPF ne peuvent faire face, et les bénévoles constatent que très vite les situations s’aggravent.

La situation des familles est terrible

Dans un premier temps, les personnes ne paient pas leurs factures faute de revenus, donc elles s’endettent, ce qui conduit à des coupures de gaz, d’électricité ou d’eau. En effet la précarité énergétique constitue une double peine pour les ménages les plus modestes. Selon Marie-Josée Roessler responsable des permanences d’accueil du SPF dans le Cher « la situation des familles est terrible en cette période. Logées dans des appartements ou des maisons très mal isolées, elles ne parviennent pas à se chauffer. Avec des enfants en bas âge cela devient parfois dramatique. Vivre avec 10° c’est absolument impossible. Nous avons des familles qui ont parfois 1000 euros de factures de retard ». En 2017, la fédération du Cher a aidé 195 familles en difficulté énergétique.  A ces aides ponctuelles s’ajoute, également un travail de prévention auprès des personnes en difficulté, notamment grâce à la convention signée entre le Secours populaire et EDF en 2011. Celle-ci permet d’établir un lien entre les fédérations de l’association et les pôles solidarité EDF afin d’élaborer conjointement des plans d’actions destinés à prévenir les situations de précarité énergétique. Par ailleurs les bénévoles accompagnent les personnes qui reçoivent depuis bientôt un an les chèques énergie,  nouveau dispositif remplaçant les tarifs solidaires.

Des ateliers de sensibilisation

Ainsi, le 20  janvier 2017 dans les locaux du comité de Bourges (Cher), un atelier « Solidarité et maitrise de l’énergie » était  proposé aux personnes aidées et aux bénévoles ( Comment décrypter sa facture ? Quelles mesures prendre pour faire des économies ?). L’an dernier dans le Calvados, c’est lors d’une distribution au libre-service qu’un correspondant d’EDF est allé à la rencontre des personnes accueillies pour  les sensibiliser aux éco-gestes permettant de mieux maîtriser sa consommation énergétique. Des kits constitués d’ampoules basse consommation, des réducteurs d’eau, des sabliers et des thermomètres ont été donnés aux participants.Dans certaines fédérations des partenariats locaux viennent renforcer ce dispositif national. Dans le département du Pas-de-Calais, un partenariat avec Eurotunnel, existant depuis 8 ans a permis de venir en aide à 583 personnes. « Grâce à la mobilisation d’Eurotunnel, nous avons récupéré 35 000 euros. Une somme que nous avons transformé en solidarité, pour que les familles que nous accompagnons ne soient pas laissées dans une situation de dénuement face à des problèmes d’eau, de gaz et d’électricité. » explique Serge Decaillon, secrétaire général de la fédération.

* définition de la précarité énergétique retenue par la loi Grenelle du 10 juillet 2010.

Auteur : Anne-Marie Cousin

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